"Notre dernier rempart est en train de basculer" : pourquoi la récente étude sur l'Amazonie est (très) inquiétante pour le climat

"Notre dernier rempart est en train de basculer" : pourquoi la récente étude sur l'Amazonie est (très) inquiétante pour le climat

Selon cette étude, la forêt amazonienne brésilienne a rejeté depuis 2010 plus de carbone qu'elle n'en a absorbé. Ce changement majeur entraîne un affaiblissement de ses capacités à freiner le réchauffement climatique dans le monde.
Le puits qui absorbait une partie de notre pollution est en train de devenir une cheminée d'usine. Selon une étude publiée jeudi 29 avril dans Nature Climate Change (contenu en anglais), la partie brésilienne de la forêt amazonienne a rejeté depuis 2010 plus de dioxyde de carbone, le principal gaz responsable du changement climatique, qu'elle n'en a absorbé. Si les autres pays d'Amazonie compensent pour l'instant ces émissions de la partie brésilienne de la forêt tropicale, cette étude annonce un basculement majeur et inédit qui menace d'accélérer encore un peu plus le réchauffement de la planète. Franceinfo vous explique pourquoi cette étude est très inquiétante pour le climat et la planète.
Que constate l'étude ?
L'étude, menée notamment par des chercheurs de l'université d'Oklahoma (Etats-Unis) et des Français de l'Inrae (Institut national de la recherche agronomique) et du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement, est basée sur des observations satellitaires de la biomasse végétale (les plantes) et de surveillance de la déforestation. Entre 2010 et 2019, l'Amazonie brésilienne, qui représente 60% de la forêt amazonienne, a ainsi émis environ 18% de plus de carbone qu'elle n'en a absorbé, avec 4,45 milliards de tonnes rejetées, contre 3,78 milliards de tonnes stockées. "Nous nous y attendions mais nous sommes les premiers à montrer qu'on y est et à le chiffrer", souligne Jean-Pierre Wigneron, chercheur à l'Inrae et l'un des auteurs de l'étude, interrogé par franceinfo.
Ces travaux mesurent également l'impact, méconnu mais majeur, des "dégradations" de la forêt. Définies par l'Inrae comme "tous les événements qui abîment une forêt sans pour autant la détruire comme des coupes ponctuelles d’arbres, les incendies ou les sécheresses", elles pèsent 73% de la perte de biomasse, contre 27% pour la déforestation, la destruction pure et simple d'une forêt. A ces deux résultats inédits s'ajoute un troisième, plus connu. En 2019, première année au pouvoir du président brésilien, Jair Bolsonaro, la déforestation a fortement augmenté : 3,9 millions d'hectares ont été perdus, soit 30% de plus qu'en 2015, et près de quatre fois plus qu'en 2017 et 2018.
Quelles sont les causes de cette situation ?
Les pertes de biomasse liées à la déforestation sont uniquement provoquées par l'homme, pour étendre ses cultures, faire de la place au bétail, exploiter le bois ou des ressources minières. L'arrivée au pouvoir en janvier 2019 de Jair Bolsonaro, qui s'est vanté ironiquement d'être "le tronçonneur de l'Amazonie", comme le rappelle L'Obs, a accentué ce phénomène, "en favorisant l'expansion des pâturages au détriment de la conservation de la forêt", relève l'étude. "Les impacts de ces changements de politique restent à explorer au-delà de 2020", avertissent les auteurs.
Les pertes causées par la dégradation des forêts proviennent à la fois des…
(…) Pour lire la suite, cliquez sur : https://www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/amazonie/notre-dernier-rempart-est-en-train-de-basculer-pourquoi-la-recente-etude-sur-l-amazonie-est-tres-inquietante-pour-le-climat_4609179.html#xtor=CS3-794