Réchauffement climatique : les microalgues toxiques vont “se sentir à l’aise”

Réchauffement climatique : les microalgues toxiques vont “se sentir à l’aise”

Avec le réchauffement climatique, des microalgues toxiques pourraient proliférer sur les côtes françaises. Un projet européen alerte notamment sur l’impact que cela pourrait avoir pour les eaux de baignade et les fermes conchylicoles. Explications de Phillipp Hess, chercheur en chimie et spécialiste des phycotoxines à l’Ifremer de Nantes.
Avec le réchauffement climatique, les micro-algues nuisibles rencontreront des conditions favorables à leur développement. Voici l’alerte lancée par le projet européen CoCLIME qui rend ses conclusions en avril 2021. “L’objectif du projet était de mieux anticiper les impacts du réchauffement climatique sur les microalgues, leurs effets sur l’économie côtière européenne et sur la santé humaine. En France, nous avons concentré nos études sur la baignade en Méditerranée, et sur l’alimentation avec la conchyliculture dans le golfe de Gascogne”, indique Phillipp Hess, chercheur en chimie et spécialiste des phycotoxines à l’Ifremer de Nantes.
Le projet prévoit que les fermes conchylicoles – qui élèvent des coquillages tels que l’huître, la moule ou la palourde – vont faire face à des fermetures fréquentes et de plus en plus aléatoires. En France, l’Ifremer et l’Université de Nantes ont uni leurs efforts pour se concentrer sur les conséquences que cela aura pour le golfe de Gascogne et la mer Méditerranée.
Microalgues toxiques : petites algues, grandes conséquences
La plupart des microalgues sont plutôt positives pour l’homme. En tant qu’autotrophes, elles vivent des nutriments présents dans l’eau de mer et du CO2. “Elles permettent de tamponner les rejets de CO2 de l’homme”, explique Philipp Hess. Elles participent ainsi à la pompe biologique. Mais certaines peuvent être nocives, à l’instar d’Ostréopsis et de Dinophysis. Ces deux microalgues unicellulaires produisent des toxines dangereuses.
En mer Méditerranée, Ostréopsis vit accrochée sur les macro-algues. Le spécialiste qui travaille depuis 1998 sur les toxines produites par ces algues microscopiques explique son action : “Quand elle a recouvert toutes les algues présentes, elle fait des flocons qui remontent à la surface. Elles forment des fleurs d’eau qui flottent, ce qui provoque de l’eczéma aux baigneurs. Certains composés qu’elle produit se retrouvent dans les aérosols marins et provoquent des crises aux personnes asthmatiques. Chez les autres, 
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